La Côte d'Ivoire traverse une crise sans précédent dans le secteur de l'or brun. Le gouvernement ivoirien a annoncé une réduction drastique du prix d'achat du cacao le 4 mars 2026. Le tarif passe de 2 800 à 1 200 francs CFA le kilogramme. Les autorités jugent cette décision nécessaire malgré le choc ressenti par …
Côte d’Ivoire : Le prix du cacao s’effondre de 60 %, une filière sous haute tension

La Côte d’Ivoire traverse une crise sans précédent dans le secteur de l’or brun. Le gouvernement ivoirien a annoncé une réduction drastique du prix d’achat du cacao le 4 mars 2026. Le tarif passe de 2 800 à 1 200 francs CFA le kilogramme. Les autorités jugent cette décision nécessaire malgré le choc ressenti par les planteurs. Ce retournement fragilise l’équilibre social d’une nation où la filière fait vivre cinq millions de personnes.
Un réajustement dicté par le marché mondial
Cette baisse de 60 % met fin à une période d’euphorie pour les cacaoculteurs. L’État avait fixé un prix record de 2 800 FCFA juste avant l’élection présidentielle d’octobre. Les cours mondiaux atteignaient alors 11 000 dollars la tonne début 2024. Cependant, les prix internationaux ont dévissé pour s’établir aujourd’hui autour de 2 900 dollars. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, justifie ce choix par la réalité économique. Le pays ne peut plus maintenir un prix national supérieur de 75 % au cours mondial.
Ce décalage a provoqué une grave crise de stockage dans les coopératives. Les exportateurs ralentissent leurs achats car ils ne peuvent plus revendre les fèves à profit. Des milliers de tonnes de cacao s’entassent désormais dans les ports et les entrepôts. Le Conseil Café-Cacao (CCC) intervient en rachetant une partie des stocks. Pourtant, cette mesure d’urgence ne suffit pas à stopper la mévente généralisée.
Colère des producteurs et incertitudes
Sur le terrain, la désillusion est immense et la précarité s’installe chez les paysans. De nombreux planteurs attendent leur paiement depuis plusieurs mois. Des intermédiaires peu scrupuleux profitent de cette détresse. Ils rachètent les fèves à des prix bien inférieurs au tarif officiel contre un paiement immédiat. Les syndicats dénoncent un manque de prévisibilité du gouvernement. Ils appellent à l’organisation d’Assises nationales pour réformer structurellement le secteur.
Cette crise révèle des tensions politiques et sociales latentes en Côte d’Ivoire. La filière représente environ 14 % du PIB national. Le modèle ivoirien semble à bout de souffle face à la concurrence de l’Équateur. Les marchés européens imposent également de nouvelles exigences de durabilité. Le gouvernement doit maintenant stabiliser les revenus des paysans. Il doit aussi assainir les relations avec les multinationales du négoce. L’objectif est d’éviter que l’or brun ne devienne un facteur d’instabilité durable.
Restez informé(e) de nos actualités et offres
Abonnez-vous à notre newsletter
Thank you for subscribing to the newsletter.
Oups. Un problème est survenu. Veuillez réessayer.




