Un an après leur retrait forcé du Niger, les États-Unis opèrent un retour discret mais significatif au Sahel. Washington cherche activement à conclure un accord avec Bamako pour reprendre ses opérations de renseignement. Cette démarche illustre une recomposition profonde des alliances dans une région marquée par une instabilité persistante. Le gouvernement américain change de méthode …
Sahel : Washington négocie son retour stratégique au Mali

Un an après leur retrait forcé du Niger, les États-Unis opèrent un retour discret mais significatif au Sahel. Washington cherche activement à conclure un accord avec Bamako pour reprendre ses opérations de renseignement. Cette démarche illustre une recomposition profonde des alliances dans une région marquée par une instabilité persistante. Le gouvernement américain change de méthode pour préserver ses intérêts sécuritaires face à la menace djihadiste.
La reprise des vols de surveillance en ligne de mire
Le cœur des négociations concerne l’autorisation de survol du territoire malien. Washington souhaite déployer des aéronefs et des drones pour surveiller les groupes affiliés à Al-Qaïda. Le groupe JNIM étend effectivement son influence sur l’ensemble du Sahel depuis plusieurs années. Les États-Unis considèrent cette collecte de données comme essentielle pour prévenir une déstabilisation régionale majeure. Bamako étudie cette demande avec une attention particulière.
Cette reprise des missions de renseignement possède également un enjeu humain direct. Le JNIM détient actuellement un pilote américain capturé au Niger. Les autorités pensent que l’otage se trouve désormais sur le sol malien. La reprise des vols permettrait de localiser précisément le ressortissant américain. Elle faciliterait ainsi d’éventuelles opérations de libération ou des négociations indirectes.
Un assouplissement diplomatique marqué par la levée des sanctions
Washington multiplie les gestes de bonne volonté pour apaiser les tensions avec les autorités de transition. Le 27 février 2026, le Trésor américain a levé les sanctions contre le ministre malien de la Défense. Ces mesures visaient auparavant des responsables maliens pour leurs liens supposés avec le groupe russe Wagner. Ce revirement montre que les États-Unis privilégient désormais le pragmatisme à la confrontation idéologique.
L’envoyé spécial Nick Checker s’est rendu à Bamako le mois dernier pour rencontrer Abdoulaye Diop. Le département d’État souhaite officiellement tracer une nouvelle voie dans les relations bilatérales. Cette approche rompt avec la politique de promotion démocratique stricte des années précédentes. Les autorités maliennes saluent ce respect affiché de leur souveraineté nationale. Elles voient dans ce dialogue une opportunité de diversifier leurs partenaires sécuritaires.
Un équilibre fragile dans un Sahel en mutation
L’administration Trump adopte une posture plus flexible envers les régimes militaires issus de coups d’État. Cette nouvelle donne plaît aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cependant, la méfiance réciproque n’a pas totalement disparu entre les deux capitales. Le Mali et ses voisins maintiennent un régime de réciprocité face aux restrictions de voyage américaines.
Le succès de ce rapprochement dépendra de la capacité de Washington à cohabiter avec les autres partenaires du Mali. La présence russe reste un point de vigilance pour les stratèges américains. Malgré ces obstacles, la reprise de la coopération technique semble inévitable pour stabiliser la zone. Washington veut éviter un vide sécuritaire total que les groupes terroristes pourraient exploiter durablement.
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