Les cyberactivistes pro-AES érigent l’Iran en modèle de souveraineté

L'Alliance des États du Sahel (AES) observe une neutralité diplomatique prudente face au conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran. Pourtant, sur les réseaux sociaux, les soutiens des régimes militaires sahéliens affichent une solidarité sans faille avec Téhéran. Le Timbuktu Institute analyse ce phénomène comme une volonté de projeter les aspirations souverainistes du Sahel …

AES

L’Alliance des États du Sahel (AES) observe une neutralité diplomatique prudente face au conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Pourtant, sur les réseaux sociaux, les soutiens des régimes militaires sahéliens affichent une solidarité sans faille avec Téhéran. Le Timbuktu Institute analyse ce phénomène comme une volonté de projeter les aspirations souverainistes du Sahel sur la scène internationale.

L’Iran perçu comme un symbole de résistance

Pour les cyberactivistes pro-AES, l’Iran incarne le « Sud global » qui refuse de plier devant l’Occident. Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute, explique que ces militants transforment les drones iraniens en une véritable leçon de souveraineté. Ils voient dans la capacité de défense de l’Iran un modèle de résistance anti-occidentale, et plus spécifiquement anti-française, qui fait écho aux batailles idéologiques menées au Sahel.

Cette ferveur occulte totalement la situation intérieure iranienne. Les publications ignorent les victimes de la répression interne du régime des mollahs pour ne retenir que l’image de la nation souveraine attaquée. La solidarité s’exprime au nom d’une lutte commune contre l’impérialisme, occultant les considérations liées aux droits de l’homme.

Une contradiction avec la diplomatie réelle

Ce discours radical des réseaux sociaux contraste avec le pragmatisme des dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Tandis que leurs soutiens célèbrent la rupture avec l’Ouest, les autorités de l’AES négocient discrètement avec Washington. Ce rapprochement vise à relancer la coopération sécuritaire et les projets de développement.

Les États-Unis cherchent en effet à reprendre pied au Sahel pour contrer l’influence du JNIM. Cette dualité crée une situation paradoxale : le pouvoir réel s’allie avec Washington pour sa survie sécuritaire, pendant que sa base numérique acclame ses adversaires iraniens au nom de la dignité nationale.

K. V

K. V

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