Ce mercredi 11 mars 2026, l'Assemblée nationale du Sénégal a adopté une réforme majeure du code pénal. Les députés ont voté en faveur d'un alourdissement sévère des sanctions liées aux relations entre personnes de même sexe. Cette décision s'inscrit dans un contexte de pression sociale et répond à une promesse de campagne du parti au …
Sénégal : les députés votent un durcissement des peines contre l’homosexualité

Ce mercredi 11 mars 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté une réforme majeure du code pénal. Les députés ont voté en faveur d’un alourdissement sévère des sanctions liées aux relations entre personnes de même sexe. Cette décision s’inscrit dans un contexte de pression sociale et répond à une promesse de campagne du parti au pouvoir, le Pastef.
Un arsenal législatif nettement plus répressif
La réforme de l’article 19 modifie radicalement les sanctions encourues. Les peines de prison pour « acte contre nature » doublent officiellement. Elles passent d’une fourchette de un à cinq ans à une période de cinq à dix ans d’emprisonnement. Les amendes connaissent une hausse encore plus spectaculaire. Elles peuvent désormais atteindre 10 millions de francs CFA, contre 1,5 million auparavant.
Le texte clarifie également la définition juridique de l’infraction. Il intègre désormais explicitement les actes sexuels entre personnes du même sexe. En plus de ces mesures, la loi crée deux nouveaux délits : l’apologie et le financement de l’homosexualité. Ces deux infractions sont passibles de trois à sept ans de prison.
Un débat politique marqué par une surenchère de sévérité
Le vote s’est déroulé dans un hémicycle complet, dominé par la majorité du Pastef (109 sièges sur 165). Aucune voix ne s’est élevée pour demander une dépénalisation ou de la clémence. Au contraire, une partie de l’opposition a critiqué le texte, le jugeant trop faible. Ces députés espéraient transformer l’homosexualité en crime plutôt qu’en simple délit.
Le député Ismaël Wone a justifié cette réforme par la pression populaire. Selon lui, il s’agit de protéger les modèles de conduite et les normes sociales du Sénégal. À l’inverse, le député non aligné Thierno Alassane Sall voit dans ce vote une manœuvre de diversion. Il estime que ce débat sociétal occulte les inquiétudes économiques réelles des Sénégalais.
Inquiétudes des défenseurs des droits humains
La société civile et les associations craignent les conséquences de cette loi sur le climat social. La romancière Ndeye Fatou Kane dénonce un virage inquiétant pour la vie privée. Elle alerte sur les risques de dérives où des citoyens pourraient se faire justice eux-mêmes sur la base de simples présomptions. L’écrivaine pointe également une tendance à rejeter tout ce qui est perçu comme occidental.
La loi doit désormais être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye pour entrer officiellement en vigueur. Si le texte est validé, les organisations de défense des droits de l’homme redoutent une augmentation des violences et une stigmatisation accrue de la communauté LGBT au Sénégal.
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