La Guinée équatoriale traverse une séquence politique marquante. Le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua a présenté la démission de l’ensemble du gouvernement au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Cette décision intervient à la suite d’une évaluation interne qui a révélé un niveau d’exécution des objectifs gouvernementaux limité à 10 %, un résultat considéré comme …
Guinée équatoriale : le gouvernement remet sa démission après une évaluation critique

La Guinée équatoriale traverse une séquence politique marquante. Le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua a présenté la démission de l’ensemble du gouvernement au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Cette décision intervient à la suite d’une évaluation interne qui a révélé un niveau d’exécution des objectifs gouvernementaux limité à 10 %, un résultat considéré comme largement insuffisant par les autorités.
Un exécutif sanctionné pour ses faibles performances
L’annonce a été rendue publique par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue à l’issue d’une session extraordinaire du Conseil des ministres. Selon les conclusions de l’évaluation menée par les autorités, seuls 10 % des objectifs fixés au gouvernement auraient été atteints.
Pour le vice-président, ce résultat ne correspond pas aux moyens engagés par l’État. Les autorités mettent en avant la nécessité de renforcer la discipline administrative et d’améliorer l’efficacité de l’action publique. L’objectif affiché est de promouvoir une gestion davantage axée sur les résultats.
La décision s’inscrit également dans un contexte de critiques portant sur la gouvernance. Le Parti démocratique de Guinée équatoriale, formation au pouvoir, a évoqué des insuffisances dans la conduite des affaires publiques ainsi que des accusations de corruption.
À la suite de cette démission collective, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui dirige le pays depuis 1979, devrait procéder à la formation d’un nouvel exécutif chargé de relancer l’action gouvernementale.
Une crise politique sur fond de difficultés économiques
Cette réorganisation intervient alors que l’économie équato-guinéenne continue de faire face à des défis importants. Le pays demeure fortement dépendant des hydrocarbures, tandis que la production pétrolière connaît un ralentissement qui pèse sur l’activité économique.
Selon les données citées par la Banque mondiale, le produit intérieur brut du pays s’est contracté de 5,4 % en 2025. Les perspectives économiques restent orientées à la baisse à moyen terme.
Cette situation est d’autant plus notable que la Guinée équatoriale conserve le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur. Malgré cette classification, près de 61 % de la population vivrait encore dans la pauvreté. Une partie importante des habitants continue également de faire face à des insuffisances en matière d’infrastructures de base.
Face à ces difficultés, les autorités affirment vouloir accélérer les réformes structurelles. Elles misent notamment sur le développement du tourisme, de l’économie numérique ainsi que des ressources qualifiées de « vertes » et « bleues ». Ces orientations s’inscrivent dans les objectifs définis par l’Agenda 2035, présenté comme la feuille de route du pays pour diversifier son économie et réduire sa dépendance au pétrole.
La nomination du prochain gouvernement permettra de mesurer la manière dont les autorités entendent traduire ces ambitions en actions concrètes, dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance et de développement économique demeurent élevées.
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