L’est de la Libye ferme ses frontières à quatre nationalités africaines

Les autorités de l’est de la Libye ont annoncé une nouvelle mesure concernant l’entrée des ressortissants étrangers sur leur territoire. Les citoyens du Soudan, de l’Érythrée, de l’Éthiopie et de la Somalie ne sont désormais plus autorisés à franchir les points d’entrée contrôlés par le gouvernement basé à Benghazi. Cette décision est présentée comme une …

L’est de la Libye ferme ses frontières à quatre nationalités africaines

Les autorités de l’est de la Libye ont annoncé une nouvelle mesure concernant l’entrée des ressortissants étrangers sur leur territoire. Les citoyens du Soudan, de l’Érythrée, de l’Éthiopie et de la Somalie ne sont désormais plus autorisés à franchir les points d’entrée contrôlés par le gouvernement basé à Benghazi. Cette décision est présentée comme une initiative destinée à réorganiser les modalités d’accès au territoire libyen.

Une restriction appliquée aux frontières terrestres, maritimes et aériennes

Le gouvernement de l’est de la Libye a indiqué que l’interdiction concerne l’ensemble des points d’entrée placés sous son autorité. Les ressortissants des quatre pays visés ne pourront donc plus entrer par voie terrestre, maritime ou aérienne.

Selon une source gouvernementale, cette mesure s’inscrit dans un processus de « réorganisation de l’entrée des ressortissants étrangers en Libye ». Les autorités n’ont pas fourni davantage de précisions sur les modalités de cette réorganisation ni sur sa durée.

L’annonce concerne exclusivement les territoires contrôlés par l’administration installée à Benghazi. Cette dernière est dirigée par Oussama Hamad et bénéficie du soutien du commandant militaire Khalifa Haftar, qui exerce son influence sur l’est du pays ainsi que sur de vastes régions du sud.

Cette décision intervient dans un contexte où la Libye demeure un point de passage important pour de nombreux migrants originaires d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique.

Des dérogations prévues pour certaines catégories

Malgré cette interdiction, plusieurs catégories de personnes restent autorisées à entrer sur le territoire concerné.

Les membres des missions diplomatiques et consulaires accréditées, ainsi que les membres de leur famille issus des quatre pays concernés, ne sont pas visés par la mesure.

Les autorités ont également prévu des exceptions pour certains travailleurs qualifiés. Les professionnels des secteurs de l’éducation, de la médecine et des professions paramédicales pourront continuer à accéder au territoire à condition de disposer des autorisations requises et de contrats de travail valides délivrés par les autorités compétentes.

Cette politique s’inscrit dans un environnement institutionnel particulier. Depuis plusieurs années, la Libye est marquée par l’existence de deux centres de pouvoir rivaux. D’un côté, le gouvernement d’Oussama Hamad à Benghazi. De l’autre, le gouvernement d’Abdulhamid Dbeibah, installé à Tripoli et issu du processus politique soutenu par les Nations unies en 2021.

La nouvelle restriction illustre les enjeux liés à la gestion des mouvements de population dans un pays qui occupe une position stratégique entre l’Afrique subsaharienne et la Méditerranée. Elle met également en lumière les choix de gouvernance adoptés par les autorités de l’est dans un contexte politique toujours fragmenté.

 

La Rédaction

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