L'Afrique du Sud subit actuellement une vague de contestation anti-migrants intense. Ces manifestations ne sont pas spontanées. Elles sont pilotées par des organisations structurées aux agendas politiques troubles, à quelques mois des élections locales de novembre 2026. Des structures militantes bien organisées Contrairement aux violences passées, les mouvements actuels font preuve d'une organisation quasi professionnelle. …
Afrique du Sud : le visage politique de la xénophobie

L’Afrique du Sud subit actuellement une vague de contestation anti-migrants intense. Ces manifestations ne sont pas spontanées. Elles sont pilotées par des organisations structurées aux agendas politiques troubles, à quelques mois des élections locales de novembre 2026.
Des structures militantes bien organisées
Contrairement aux violences passées, les mouvements actuels font preuve d’une organisation quasi professionnelle.
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Opération Dudula : Né à Soweto en 2021, ce groupe a bloqué des services publics. Désormais devenu un parti politique dirigé par Zandile Dabula, il utilise une mise en scène paramilitaire.
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March and March : Mené par Jacinta Ngobese Zuma, ce mouvement a pris une ampleur nationale. Ses capacités logistiques importantes témoignent de moyens financiers conséquents.
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Les figures traditionnelles : Certains acteurs, comme Nkosikhona Ndabandaba, mobilisent des « régiments » de guerriers pour investir l’espace public au nom de la tradition.
Un instrumentalisme politique électoral
La structuration de ces mouvements soulève des questions sur leur origine. Si les dons sont mis en avant, les experts pointent des financements extérieurs. Par exemple, le MK Party de l’ex-président Jacob Zuma soutient ouvertement ces actions.
Ensuite, ces acteurs instrumentalisent le ressentiment d’une population frappée par le chômage. En désignant les migrants comme boucs émissaires, ces politiciens cherchent à asseoir leur influence. À l’approche du scrutin de novembre, cette rhétorique sert de tremplin pour mobiliser un électorat en quête de protection.
Une rhétorique déconnectée des faits
Le discours anti-migrants repose sur des mythes tenaces. Cécile Perrot, chercheuse à Rennes II, souligne que les estimations sur les migrants illégaux relèvent du fantasme. Les chiffres varient énormément, allant de 4 à 15 millions de personnes.
Par ailleurs, l’idée du « vol d’emplois » apparaît infondée. Les étrangers occupent souvent des postes délaissés par les locaux, notamment dans les petits commerces. Enfin, la violence xénophobe actuelle ne fait plus de distinction. Elle frappe aveuglément tous les migrants, transformant une frustration sociale en une arme politique dangereuse.
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