Soudan : le prix des semences bondit de 69 % alors que la pluie se fait attendre

Au Soudan, la prochaine récolte se joue entre manque de pluie et explosion des coûts agricoles. À Gedaref, l’un des principaux greniers du pays, les producteurs de sorgho et de sésame subissent le retard des précipitations lié à El Niño. Dans le même temps, le prix d’un sac de semences de sorgho est passé de …

Soudan : le prix des semences bondit de 69 % alors que la pluie se fait attendre

Au Soudan, la prochaine récolte se joue entre manque de pluie et explosion des coûts agricoles. À Gedaref, l’un des principaux greniers du pays, les producteurs de sorgho et de sésame subissent le retard des précipitations lié à El Niño. Dans le même temps, le prix d’un sac de semences de sorgho est passé de 160 000 à 270 000 livres soudanaises en un an.

À Gedaref, semer coûte beaucoup plus cher

Les agriculteurs de Gedaref poursuivent leurs semis malgré des conditions difficiles. Le retard des pluies menace directement le sésame et le sorgho, deux cultures essentielles pour le pays.

« Le manque de pluie menace la culture du sésame, un produit stratégique pour le pays », témoigne l’agriculteur Abdullah Khalaf.

À cette pression climatique s’ajoute la hausse des dépenses nécessaires pour cultiver. Moussa Yaacoub explique qu’un sac de semences de sorgho vendu 160 000 livres soudanaises l’année dernière coûte désormais 270 000 livres. Cela représente une augmentation d’environ 69 %.

Le diesel, les engrais et la main-d’œuvre coûtent également plus cher. Le Soudan importe la totalité de son carburant et l’essentiel de ses engrais. Selon la source, les prix de certains produits ont été multipliés par cinq cette année, notamment sous l’effet de la guerre dans le Golfe.

Face au risque de sécheresse, les spécialistes recommandent l’utilisation de variétés plus résistantes et, lorsque les conditions l’exigent, le report des semis.

Une mauvaise récolte menacerait un pays déjà frappé par la faim

La baisse potentielle des récoltes intervient alors que la situation alimentaire est déjà très dégradée après plus de trois années de guerre.

Près de 20 millions de Soudanais sont confrontés à des niveaux critiques de faim. Dans le même temps, 65 % des terres arables du pays seraient déjà hors d’usage.

La situation à Gedaref prend donc une dimension qui dépasse les revenus des agriculteurs. Une récolte insuffisante de sorgho et de sésame réduirait encore les ressources disponibles dans un pays où une grande partie de la population fait déjà face à l’insécurité alimentaire.

Les producteurs doivent désormais composer avec deux difficultés simultanées. La pluie tarde à arriver alors que chaque tentative de semer coûte beaucoup plus cher. Pour le Soudan, déjà affaibli par la guerre, cette combinaison fait peser une nouvelle menace sur les prochaines récoltes.

La Rédaction

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