Nigeria : les chefs d’état-major à Maiduguri après les attentats

Les plus hauts responsables de la défense nigériane se sont rendus à Maiduguri ce jeudi 19 mars 2026. Cette visite intervient deux jours après le triple attentat-suicide qui a ensanglanté la capitale de l'État de Borno. Le général Olufemi Oluyede, chef d'état-major, veut marquer la présence de l'État après la mort de 23 personnes. Il …

Maiduguri

Les plus hauts responsables de la défense nigériane se sont rendus à Maiduguri ce jeudi 19 mars 2026. Cette visite intervient deux jours après le triple attentat-suicide qui a ensanglanté la capitale de l’État de Borno. Le général Olufemi Oluyede, chef d’état-major, veut marquer la présence de l’État après la mort de 23 personnes. Il appelle désormais la population locale à une mobilisation totale contre l’insécurité.

Une insurrection en pleine mutation stratégique

L’insurrection djihadiste dure depuis 17 ans au Nigeria mais elle change de visage. Les kamikazes visent à nouveau les centres urbains densément peuplés. En parallèle, des groupes armés lancent des raids coordonnés contre plusieurs postes militaires. L’observatoire ACLED confirme cette recrudescence de la violence dans la région. En 2025, le nombre d’affrontements et d’attentats a atteint son plus haut niveau depuis 2020.

Les lignes de front s’éloignent de l’épicentre historique de la guerre. De nouveaux groupes armés, venus du Sahel voisin, entrent désormais dans le conflit. Cette évolution inquiète les analystes qui notent une augmentation des attaques contre les civils. L’armée doit adapter ses tactiques face à des ennemis mobiles et mieux équipés. Le défi sécuritaire dépasse désormais les frontières du seul État de Borno.

L’appel à la responsabilité des populations locales

Le général Oluyede a tenu un discours de fermeté devant les habitants. Il affirme que la fin du terrorisme dépend de l’implication des citoyens de Borno et de Yobe. Selon lui, les auteurs de ces actes odieux sont souvent issus des communautés locales. « Ce sont nos frères, nos sœurs, nos cousins », a-t-il déclaré avec gravité. Il demande aux familles de dénoncer les complices qui agissent dans l’ombre.

Pour l’état-major, la population doit s’approprier le problème sécuritaire pour le résoudre. Le chef militaire estime que le silence de certains habitants favorise la survie des cellules terroristes. Cette stratégie de « défense populaire » vise à couper les djihadistes de leurs soutiens logistiques. Le gouvernement espère que ce cri d’alarme provoquera un sursaut patriotique dans le nord-est du pays.

K. V

K. V

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