À l'approche du scrutin du 12 avril 2026, le Bénin se prépare à un arbitrage entre deux trajectoires diamétralement opposées. Romuald Wadagni, architecte des réformes économiques de la dernière décennie, incarne la continuité du "Nouveau Départ" initié par Patrice Talon. Face à lui, Paul Hounkpè, figure de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), …
Bénin : Wadagni contre Hounkpè, deux visions pour la Marina

À l’approche du scrutin du 12 avril 2026, le Bénin se prépare à un arbitrage entre deux trajectoires diamétralement opposées. Romuald Wadagni, architecte des réformes économiques de la dernière décennie, incarne la continuité du « Nouveau Départ » initié par Patrice Talon. Face à lui, Paul Hounkpè, figure de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), se pose comme défenseur d’une social-démocratie axée sur la redistribution. Ce duel dépasse les personnalités pour devenir une véritable confrontation entre rigueur budgétaire et solidarité nationale.
Romuald Wadagni : le garant de la solidité économique
À 49 ans, Romuald Wadagni quitte son costume de ministre de l’Économie inamovible pour solliciter les suffrages. Dauphin désigné du président sortant, il porte un projet axé sur la pérennisation des réformes structurelles et la confiance des marchés financiers. Accompagné de Mariam Chabi Talata, première femme vice-présidente du pays, il tente de dépasser son image de technicien des chiffres. Son discours se veut désormais plus social, affirmant que la croissance ne sera une réussite que lorsqu’elle touchera chaque foyer béninois. Pour ce duo, la solidité budgétaire constitue le socle indispensable pour éradiquer l’extrême pauvreté et accélérer le développement au plus proche des populations.
Paul Hounkpè : le porte-voix des exclus
En face, Paul Hounkpè manœuvre dans un couloir politique complexe, marqué par son ancienne proximité avec Boni Yayi. Accusé par certains d’être une simple caution démocratique, il rejette ces critiques en dénonçant la nervosité du camp adverse et les risques de manipulation des résultats. En binôme avec Rock Judicaël Hounwanou, il revendique une identité social-démocrate, s’opposant à ce qu’il qualifie d’aristocratie ou de bourgeoisie au pouvoir. Sa campagne se concentre sur la redistribution immédiate des richesses et la protection des « laissés-pour-compte ». Là où son adversaire vante les infrastructures et le PIB, Hounkpè propose un modèle basé sur la solidarité et le partage équitable des fruits du labeur national.
Un choix de méthode pour les sept prochaines années
Le contraste entre les deux candidats s’étend également à leurs moyens logistiques et à leurs bases électorales. Wadagni s’appuie sur une machine de guerre électorale parfaitement huilée, bénéficiant des acquis de la gouvernance actuelle. De son côté, Hounkpè doit naviguer dans une opposition morcelée, notamment en raison de la neutralité affichée par le parti Les Démocrates. Le 12 avril, l’enjeu pour les électeurs sera de définir la méthode de gouvernance du Bénin jusqu’en 2033. Entre la continuité d’un modèle de développement par le haut et la promesse d’une redistribution sociale plus directe, le pays s’apprête à choisir le visage qui dirigera le palais de la Marina.
Les deux candidats à l’élection présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin : Paul Hounkpè (à gauche en face de l’image) et le favori Romuald Wadagni (à droite).
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