Kaduna : Plus de 160 chrétiens kidnappés en pleine messe

Le nord du Nigéria replonge dans l'horreur des rapts de masse. Dimanche 18 janvier 2026, des commandos armés ont investi le village de Kurmin Wali, dans l'État de Kaduna. L'assaut a visé plusieurs églises durant l'office matinal. Le bilan provisoire indique que plus de 160 fidèles ont été traînés de force dans la brousse. Ce …

La foi en otage

Le nord du Nigéria replonge dans l’horreur des rapts de masse. Dimanche 18 janvier 2026, des commandos armés ont investi le village de Kurmin Wali, dans l’État de Kaduna. L’assaut a visé plusieurs églises durant l’office matinal. Le bilan provisoire indique que plus de 160 fidèles ont été traînés de force dans la brousse. Ce nouvel acte de violence confirme la vulnérabilité totale des zones rurales face aux gangs de « bandits » qui terrorisent la région.

Un assaut foudroyant en plein office

L’attaque a été particulièrement méthodique. Les ravisseurs ont surgi en nombre pour verrouiller les issues des bâtiments religieux avant que l’alerte ne puisse être donnée. Selon les chefs traditionnels et les représentants du clergé, 172 personnes ont initialement été capturées lors de cette opération. Neuf d’entre elles ont réussi à s’échapper durant la marche forcée vers les zones forestières de Kajuru, mais 163 otages, dont de nombreux enfants, restent aux mains des assaillants.

L’opération n’a duré que quelques minutes. Les hommes armés ont agi avec une assurance qui témoigne d’une connaissance parfaite du terrain. Dans cette région à majorité chrétienne, les communautés vivent désormais sous la menace permanente de groupes criminels retranchés dans les forêts voisines. L’absence de réaction rapide des forces de sécurité sur place a facilité la fuite des kidnappeurs vers des zones difficilement accessibles.

Le déni des autorités face à la détresse locale

Une polémique brutale oppose désormais les familles des victimes à l’administration locale. Si un rapport de l’ONU corrobore les faits, les responsables de la sécurité à Kaduna nient l’existence même de cet enlèvement. Le commissaire d’État a qualifié ces informations de totalement fausses, affirmant n’avoir aucune preuve d’un crime sur place lors des patrouilles effectuées après l’alerte.

Ce déni officiel provoque la colère des leaders communautaires. ItIshaku Dan’azumi, chef traditionnel de Kurmin Wali, dénonce une posture politique déconnectée de la réalité du terrain. Selon lui, les villageois paient régulièrement des rançons dans le secret pour libérer les leurs sans solliciter l’État. Cette fois, l’ampleur du rapt rend toute gestion locale impossible et la communauté se retrouve à bout de ressources financières.

Le business lucratif du rapt de masse

Le kidnapping pour rançon s’est imposé comme une véritable industrie structurée au Nigéria. Ce secteur génère des millions de dollars chaque année et finance l’achat d’armements sophistiqués pour les gangs. Les églises et les écoles constituent des cibles de choix car elles garantissent un impact émotionnel fort et une pression maximale sur les proches et les autorités.

L’affaire prend désormais une dimension diplomatique. Washington pointe du doigt une persécution religieuse alors qu’Abuja refuse de voir dans ces crimes un conflit confessionnel. Le président Bola Tinubu, qui a décrété l’état d’urgence sécuritaire en novembre dernier, peine à reprendre le contrôle de la situation. Sur le terrain, la loi des gangs continue de l’emporter sur celle de l’État, laissant les populations civiles sans protection efficace.

K. V

K. V

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