Minerais critiques : L’Afrique face au défi géopolitique de sa « seconde indépendance »

Réunis le lundi 27 juillet lors d'une conférence de haut niveau, experts et acteurs de la société civile ont débattu des enjeux liés aux ressources stratégiques. Entre convoitises mondiales et failles de gouvernance, le continent cherche les clés pour transformer cette manne en véritable levier d'émancipation. Une nouvelle ruée mondiale sur fond de rivalités géopolitiques …

Minerais

Réunis le lundi 27 juillet lors d’une conférence de haut niveau, experts et acteurs de la société civile ont débattu des enjeux liés aux ressources stratégiques. Entre convoitises mondiales et failles de gouvernance, le continent cherche les clés pour transformer cette manne en véritable levier d’émancipation.

Une nouvelle ruée mondiale sur fond de rivalités géopolitiques

L’Afrique se trouve aujourd’hui au cœur d’une compétition acharnée pour le contrôle des minerais critiques. Cette situation remodèle profondément l’économie et la sécurité des États. Selon les participants, la capacité du continent à tirer profit de cette transition énergétique mondiale dépendra essentiellement de sa gouvernance et de son unité.

Le cas de la Guinée illustre parfaitement ce dilemme. Premier producteur mondial de bauxite, le pays possède également du lithium, du graphite et du fer, notamment avec le gigantesque gisement de Simandou. Cependant, pris en étau entre des investissements chinois massifs et des accords conclus avec les Occidentaux, l’État guinéen peine à structurer sa politique minière. Entre corruption persistante et octroi massif de permis, le pays risque de rater une occasion historique de développement, bien que Simandou doive générer des milliards de dollars à l’horizon 2040.

Vers une stratégie panafricaine et un front commun

Face aux superpuissances dotées de législations agressives comme les États-Unis, l’Europe ou la Chine, les voix africaines réclament une véritable « seconde indépendance ». Kenneth Ashigbey, de la Chambre des mines du Ghana, invite le continent à redéfinir ses propres priorités géologiques et à formaliser un secteur artisanal souvent ravagé par les trafics. Il rappelle qu’aucun pays ne pourra agir seul face à ces géants industriels.

De son côté, Suliman Baldo a rappelé que les flux illicites d’or vers Dubaï privent le continent de ressources vitales. Il cite le tragique exemple du Soudan, où les combats armés révèlent combien le contrôle des richesses minières alimente les conflits destructeurs.

Souveraineté économique et inclusion sociale

Pour clore ces échanges, Pétronille Vaweka a lancé un vibrant appel à l’unité panafricaine à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle met en garde contre une recolonisation rampante axée sur l’accaparement des matières premières.

Enfin, elle insiste sur la notion de « masculinité positive », plaidant pour une inclusion pleine et entière des femmes dans les processus de paix et de gouvernance des ressources. Car sans cette cohésion globale, l’Afrique restera vulnérable face aux appétits extérieurs.

K. V

K. V

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