Trois ans après la fermeture de sa frontière terrestre avec le Bénin, le Niger continue de composer avec les conséquences économiques d'une décision qui a profondément modifié ses circuits d'approvisionnement et ses échanges commerciaux. Si l'économie affiche une certaine résilience, plusieurs secteurs restent confrontés à des coûts logistiques plus élevés et à des délais d'acheminement …
Niger : trois ans après, la fermeture de la frontière avec le Bénin accélère la redéfinition des routes commerciales

Trois ans après la fermeture de sa frontière terrestre avec le Bénin, le Niger continue de composer avec les conséquences économiques d’une décision qui a profondément modifié ses circuits d’approvisionnement et ses échanges commerciaux. Si l’économie affiche une certaine résilience, plusieurs secteurs restent confrontés à des coûts logistiques plus élevés et à des délais d’acheminement prolongés.
Interrogé le 25 juillet à la télévision d’État, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le général Abdourahamane Tiani, n’a pas fixé de calendrier pour une réouverture de la frontière. Selon lui, plusieurs préalables doivent encore être réunis avant toute normalisation complète.
Des chaînes d’approvisionnement durablement perturbées
Depuis la fermeture du poste frontalier de Gaya-Malanville, les flux commerciaux entre les deux pays ont été fortement réduits. Pour de nombreux opérateurs économiques nigériens, cette situation se traduit par un allongement des délais d’approvisionnement et une hausse des coûts de transport.
L’économiste Ibrahim Adamou Louché, auteur de Le Niger : à quand le déclic ?, estime que cette situation affecte directement l’approvisionnement en produits essentiels. Les denrées alimentaires, les médicaments ainsi que plusieurs intrants destinés aux entreprises arrivent plus difficilement, provoquant parfois des pénuries temporaires.
Selon lui, ces difficultés logistiques ralentissent également l’activité de certaines entreprises, entraînant des périodes de chômage partiel et une baisse de la consommation.
Le port de Cotonou reste une référence pour les transporteurs
Malgré cette fermeture, le pétrole nigérien continue d’être exporté grâce au pipeline reliant le Niger au Bénin. En revanche, le transport routier de marchandises demeure fortement affecté.
Pour Gamatié Mahamadou, secrétaire général de l’Union des travailleurs du transport et assimilés du Niger, le port de Cotonou conserve une place stratégique pour l’économie nigérienne. Il estime que le récent réchauffement diplomatique entre Niamey et Cotonou laisse espérer une reprise des discussions susceptibles de conduire à une réouverture de la frontière.
Les professionnels du secteur attendent désormais des avancées concrètes, convaincus qu’un retour à la normale permettrait de fluidifier les échanges commerciaux et de réduire les coûts supportés par les entreprises.
Une économie qui résiste malgré les contraintes
Cette situation intervient alors que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance d’environ 7 % pour l’économie nigérienne cette année. L’institution considère que le pays fait preuve de résilience, tout en soulignant que plusieurs facteurs continuent de peser sur les perspectives économiques.
Parmi ces défis figurent les menaces sécuritaires persistantes, la volatilité des prix des matières premières ainsi que le maintien de la fermeture de la frontière avec le Bénin.
Trois ans après le coup d’État de juillet 2023, cette frontière demeure ainsi l’un des principaux dossiers économiques et diplomatiques entre les deux voisins. Sa réouverture pourrait contribuer à rétablir certains flux commerciaux, même si les autorités nigériennes conditionnent toujours cette décision à l’évolution des discussions politiques.
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