Esclavage : l’Afrique et les Caraïbes exigent des réparations historiques

À Accra, au Ghana, des dirigeants africains et caribéens ont lancé un appel solennel. Ils demandent aux anciennes puissances coloniales des excuses officielles ainsi que des réparations concrètes pour la traite négrière. Cette initiative fait suite à une résolution de l'ONU qualifiant ce commerce d'êtres humains de crime contre l'humanité. Un pas vers la justice …

Esclavage

À Accra, au Ghana, des dirigeants africains et caribéens ont lancé un appel solennel. Ils demandent aux anciennes puissances coloniales des excuses officielles ainsi que des réparations concrètes pour la traite négrière. Cette initiative fait suite à une résolution de l’ONU qualifiant ce commerce d’êtres humains de crime contre l’humanité.

Un pas vers la justice réparatrice

La conférence « Next Steps », organisée dans la capitale ghanéenne, a marqué un tournant. Les délégués de plus de 80 pays ont adopté une déclaration commune. Ils réclament des excuses inconditionnelles, perçues comme une étape indispensable pour instaurer une confiance durable. Au-delà de la symbolique, les participants souhaitent désormais traduire ces revendications en mesures juridiques concrètes. L’objectif est d’obtenir des indemnisations effectives en s’appuyant sur le droit international.

Un héritage persistant

Entre le XVIe et le XIXe siècle, environ 12 millions d’Africains ont été déportés de force. Le président ghanéen John Dramani Mahama a rappelé que les stigmates de cette période affectent toujours l’Afrique, les Caraïbes et la diaspora. Selon lui, la fragmentation des voix africaines a longtemps freiné ce combat. Désormais, le plaidoyer gagne en cohérence. En 2023, le projet d’un Fonds mondial de réparation avait déjà été évoqué, même si ses modalités restent à définir.

Des résistances et des défis complexes

La question des réparations divise les nations potentiellement contributrices. Aux États-Unis, par exemple, une majorité d’habitants se montre défavorable à toute compensation financière ou foncière pour les descendants d’esclaves. Face à ce blocage politique, les militants explorent diverses pistes. Ils proposent, outre des versements directs, une aide au développement accrue pour les pays lésés. Ils demandent également la restitution des richesses et ressources pillées durant les siècles de colonisation.

K. V

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