Au large de Maputo, des dizaines de petits bateaux de pêche restent ancrés depuis plusieurs jours. En effet, la flambée historique des prix des carburants empêche les propriétaires de sortir en mer. Cette crise économique, directement liée au conflit au Moyen-Orient, paralyse le secteur informel de la capitale mozambicaine. Une hausse des prix record pour …
Mozambique : la crise du carburant au Moyen-Orient maintient les pêcheurs à terre

Au large de Maputo, des dizaines de petits bateaux de pêche restent ancrés depuis plusieurs jours. En effet, la flambée historique des prix des carburants empêche les propriétaires de sortir en mer. Cette crise économique, directement liée au conflit au Moyen-Orient, paralyse le secteur informel de la capitale mozambicaine.
Une hausse des prix record pour les professionnels
L’autorité nationale de l’énergie a augmenté les tarifs à la pompe au début du mois de mai. Ainsi, le prix de l’essence a bondi de 12 % pour atteindre 83,6 meticais le litre. Plus grave encore, le prix du diesel a enregistré une hausse spectaculaire de 46 %, s’établissant désormais à 1,8 dollar le litre. Pour les 1 800 travailleurs de la Costa do Sol, ces coûts rendent les sorties de pêche totalement impossibles à financer. De fait, ces chefs de famille se retrouvent aujourd’hui sans aucune autre source de revenus.
Pénurie et rationnement forcé en haute mer
Les équipages qui tentent malgré tout l’aventure doivent écourter leurs trajets par manque de carburant. Les pêcheurs locaux expliquent qu’il faut naviguer plusieurs heures pour atteindre les zones poissonneuses. Faute de moyens, de nombreux bateaux rentrent à la plage sans la moindre prise. Par ailleurs, la rareté du produit pousse certains habitants à acheter de petites quantités dans des bouteilles en plastique. Face à ce commerce informel dangereux, le gouvernement interdit désormais l’usage de récipients non homologués.
Une précarité généralisée pour la population locale
Le rapport de la Banque mondiale publié en mars 2026 classe le Mozambique comme le deuxième pays le plus pauvre de la planète. Actuellement, le taux de pauvreté y atteint 81 % de la population. C’est pourquoi cette crise énergétique paralyse toute la chaîne alimentaire, des vendeuses de poisson sur les plages aux marchés de quartier. Les étals se vident et les prix des rares denrées s’envolent. De plus, la capacité budgétaire de l’État reste trop limitée pour soutenir les citoyens les plus vulnérables face à ce choc externe.
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