L'ambiance est particulièrement lourde à Bamako à l'approche de l'Aïd al-Adha, la Tabaski. Encerclée par un blocus partiel des groupes djihadistes, la capitale malienne se retrouve coupée du reste du pays. Cette crise sécuritaire étouffe l'économie locale et force des milliers de musulmans à passer les fêtes loin de leurs familles. Les transports paralysés et …
Mali : à Bamako, une fête de Tabaski gâchée par le blocus djihadiste

L’ambiance est particulièrement lourde à Bamako à l’approche de l’Aïd al-Adha, la Tabaski. Encerclée par un blocus partiel des groupes djihadistes, la capitale malienne se retrouve coupée du reste du pays. Cette crise sécuritaire étouffe l’économie locale et force des milliers de musulmans à passer les fêtes loin de leurs familles.
Les transports paralysés et des gares routières désertes
Le réseau routier national subit de plein fouet les attaques des combattants de la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Depuis la fin du mois d’avril, ces derniers multiplient les barrages et incendient des dizaines d’autobus et de camions de marchandises. Effrayées par le risque d’embuscades, les compagnies de transport ont tout simplement annulé leurs liaisons habituelles. Les gares routières de Bamako, d’ordinaire bondées à cette période de l’année, affichent un calme plat. Pour des milliers de Bamakois originaires de Mopti, Ségou ou Sikasso, le traditionnel retour au village est devenu impossible.
Une pénurie de moutons et des prix qui s’envolent
Le blocus asphyxie également le commerce du bétail, indispensable pour le sacrifice rituel de la Tabaski. Les éleveurs des régions centrales ne parviennent plus à acheminer leurs bêtes vers le principal marché de consommation de la capitale. En raison des risques, le coût de transport par animal est passé de 2 500 à plus de 15 000 francs CFA. Les rares camions qui forcent le passage augmentent drastiquement les prix de vente. Un mouton qui coûtait autrefois 75 000 francs CFA se négocie désormais autour de 300 000 francs CFA, une somme astronomique dans un pays où le salaire minimum culmine à 40 000 francs CFA.
Un quotidien asphyxié par les pénuries
La crise sécuritaire aggrave une situation sociale déjà très précaire dans la capitale. Au manque de carburant qui paralyse les transporteurs s’ajoutent de profondes défaillances des services publics de base. Les habitants de Bamako doivent composer au quotidien avec des coupures d’électricité massives et prolongées. De plus, l’accès à l’eau potable se raréfie dans plusieurs quartiers de la ville. C’est donc dans un contexte de forte privation et d’isolement forcé que les familles s’apprêtent à célébrer cette fête majeure.
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