Haïti : départ des policiers kenyans 

Le dernier contingent de policiers kenyans a quitté Haïti ce lundi. Cette mission de soutien à la sécurité, approuvée par l'ONU en 2023, prend officiellement fin. Son objectif était d'aider la police locale à combattre les gangs qui contrôlent une grande partie du pays. Cependant, le bilan de cette intervention reste très mitigé. Entre retards …

Le dernier contingent de policiers kenyans a quitté Haïti ce lundi. Cette mission de soutien à la sécurité, approuvée par l’ONU en 2023, prend officiellement fin. Son objectif était d’aider la police locale à combattre les gangs qui contrôlent une grande partie du pays. Cependant, le bilan de cette intervention reste très mitigé. Entre retards juridiques et manque de moyens, la force multinationale n’a pas réussi à stabiliser durablement le territoire haïtien.

Une mission freinée par des obstacles majeurs

Le déploiement a connu des difficultés dès son lancement à Nairobi. Des recours en justice ont longtemps bloqué le départ des troupes kenyanes vers les Caraïbes. Finalement, moins de 800 officiers ont rejoint Haïti, alors que le Kenya en promettait 1 000. La force globale devait compter 2 500 hommes, mais elle n’a jamais atteint cet effectif. Ce manque de personnel a lourdement pesé sur la capacité d’action des troupes face à des gangs armés très mobiles et organisés.

Le financement a également posé un problème de taille. Le budget annuel était estimé à 600 millions de dollars, mais seulement 400 millions ont été récoltés. Les États-Unis ont fourni l’essentiel de ces fonds. À cause de ce déficit, les policiers manquaient cruellement d’équipements et de logistique. Sans matériel adéquat, les opérations de grande envergure contre les chefs de gangs sont restées limitées. La mission se termine donc sans avoir pu démanteler les réseaux criminels qui paralysent Port-au-Prince.

Une nouvelle force pour prendre le relais

Malgré ce départ, l’aide internationale ne s’arrête pas totalement. Une nouvelle initiative, baptisée Force de répression des gangs, va remplacer les policiers kenyans. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a déjà validé ce projet l’automne dernier. Cette nouvelle unité espère tirer les leçons de l’échec kenyan en garantissant un financement plus solide. La population haïtienne attend désormais des résultats concrets pour retrouver une vie normale.

En résumé, l’intervention du Kenya restera comme une tentative pleine de bonne volonté mais mal préparée. Le manque de soutien logistique international a condamné cette mission à un rôle de figuration. Le défi sécuritaire en Haïti demeure entier pour les mois à venir. La transition vers la nouvelle force multinationale sera l’occasion de tester une approche plus musclée contre la criminalité urbaine. Les yeux du monde restent braqués sur l’île, espérant enfin une sortie de crise durable.

K. V

K. V

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