Affaire Giulio Regeni : trois agents égyptiens condamnés à dix ans de prison à Rome

Dix ans après la disparition de Giulio Regeni au Caire, la justice italienne a prononcé son verdict. Un tribunal de Rome a condamné lundi trois agents de sécurité égyptiens à dix ans de réclusion criminelle pour enlèvement aggravé dans le cadre de cette affaire, tandis qu'un quatrième accusé a été acquitté. Un verdict historique malgré …

Giulio Regeni

Dix ans après la disparition de Giulio Regeni au Caire, la justice italienne a prononcé son verdict. Un tribunal de Rome a condamné lundi trois agents de sécurité égyptiens à dix ans de réclusion criminelle pour enlèvement aggravé dans le cadre de cette affaire, tandis qu’un quatrième accusé a été acquitté.

Un verdict historique malgré l’absence des accusés

Le procureur général de Rome, Francesco Lo Voi, a salué cette décision. Il a exprimé sa satisfaction d’avoir extrait le dossier d’un enlisement potentiel, tout en regrettant l’absence de coopération réelle des autorités égyptiennes. Les quatre individus poursuivis étaient Tariq Sabir, Hisham Helmi, Athar Kamel Mohamed Ibrahim et Magdi Ibrahim Abdelal Sharif.

  • Les condamnations : Hisham Helmi, Athar Kamel Mohamed Ibrahim et Magdi Ibrahim Abdelal Sharif ont écopé de dix ans de prison pour leur participation directe à l’enlèvement.

  • L’acquittement : Tariq Sabir a été totalement blanchi par le tribunal.

Le parquet de Rome avait pourtant requis des peines beaucoup plus lourdes en juin dernier, dont la réclusion à perpétuité contre Magdi Ibrahim Abdelal Sharif, présenté comme l’auteur matériel des violences. Le tribunal a finalement retenu l’accusation d’enlèvement, sans prononcer de condamnation pour meurtre. En raison du refus des accusés de quitter l’Égypte, le procès s’est déroulé en leur absence, une procédure validée par la Cour constitutionnelle italienne.

Rappel des faits et tensions diplomatiques

Giulio Regeni était doctorant à l’université de Cambridge. Cet Italien de 28 ans a disparu au Caire le 25 janvier 2016. Il enquêtait alors sur les syndicats indépendants. Son corps sans vie a réapparu neuf jours plus tard en périphérie de la capitale. La dépouille portait de graves stigmates de torture.

Ce drame a durablement envenimé les relations bilatérales entre Rome et Le Caire. Les enquêteurs italiens imputent ce crime aux services de sécurité égyptiens. Le gouvernement égyptien a toujours rejeté cette accusation. Ce jugement représente une étape importante pour les proches du chercheur. Une lutte de dix ans se poursuit ainsi. Des banderoles jaunes symbolisent ce combat à travers toute l’Italie pour réclamer la vérité et la justice.

K. V

K. V

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