Ebola en RDC : près de 300 malades restent introuvables

L’épidémie d’Ebola continue de s’aggraver en République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires font désormais face à une situation particulièrement préoccupante : près de 300 personnes testées positives au virus sont actuellement introuvables. Cette difficulté complique le suivi des malades et alimente les inquiétudes quant à une propagation plus large de la maladie, alors que …

Ebola en RDC : près de 300 malades restent introuvables

L’épidémie d’Ebola continue de s’aggraver en République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires font désormais face à une situation particulièrement préoccupante : près de 300 personnes testées positives au virus sont actuellement introuvables. Cette difficulté complique le suivi des malades et alimente les inquiétudes quant à une propagation plus large de la maladie, alors que les centres de traitement approchent déjà de la saturation.

Des centaines de patients échappent au suivi sanitaire

Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), 297 personnes diagnostiquées positives à Ebola ne figurent ni parmi les patients hospitalisés, ni parmi les personnes guéries, ni parmi les décès officiellement enregistrés.

Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, qualifie cette situation d’« extrêmement préoccupante ». L’absence de suivi de ces malades augmente le risque de transmission communautaire, dans un contexte où le virus continue de circuler activement.

L’épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, totalise désormais 1 118 cas confirmés et 291 décès en République démocratique du Congo. En Ouganda, vingt cas et deux décès ont également été recensés.

Les autorités sanitaires observent que près de 30 % des nouvelles contaminations concernent des personnes déjà identifiées comme contacts de malades confirmés. Cette donnée montre que les chaînes de transmission restent actives malgré les efforts de surveillance.

La pression sur les structures de santé continue de s’intensifier. Les centres de traitement affichent un taux d’occupation de 95 %, alors que le pic de l’épidémie ne serait pas encore atteint.

Les conflits compliquent la riposte sanitaire

Les difficultés rencontrées par les équipes médicales s’expliquent en grande partie par la situation sécuritaire dans l’est du pays. Plus d’un million de personnes déplacées vivent dans des camps installés dans des zones de conflit où les professionnels de santé peinent à accéder.

Cette situation rend particulièrement complexe le suivi des cas contacts et l’identification rapide des nouvelles contaminations. Pour limiter les risques de propagation, les autorités congolaises ont instauré une période d’attente obligatoire de vingt et un jours avant tout déplacement pour les personnes ayant séjourné dans les provinces touchées.

Les inquiétudes dépassent désormais les frontières de la RDC. L’Organisation mondiale de la santé estime à 70 % le risque de propagation de l’épidémie vers le Soudan du Sud dans les prochaines semaines. Un cas a également été détecté en France chez un médecin revenu d’une mission en République démocratique du Congo pour l’ONG Alima.

Face à cette situation, les autorités prévoient de recruter 20 000 agents de santé communautaires afin d’améliorer la recherche des cas contacts. Deux essais cliniques doivent également être lancés, l’un consacré à des traitements ciblant la souche Bundibugyo, l’autre à un antiviral destiné aux personnes exposées pour prévenir l’apparition de la maladie.

Les besoins financiers restent considérables. Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé évaluent à 518 millions de dollars les ressources nécessaires pour la réponse sanitaire. En intégrant l’aide humanitaire, les besoins atteignent 1,4 milliard de dollars. Malgré les engagements annoncés par les bailleurs internationaux, seulement 13 % des 910 millions de dollars promis ont effectivement été déboursés.

L’évolution de cette épidémie dépendra désormais de la capacité des autorités sanitaires à retrouver les patients disparus, à renforcer les moyens de surveillance et à mobiliser les financements indispensables pour contenir la propagation du virus.

 

La Rédaction

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