Hausse des tarifs d’électricité en Afrique du Sud après une erreur du régulateur

En Afrique du Sud, une décision du régulateur de l’énergie va entraîner une hausse significative des factures d’électricité pour les ménages. En cause, une erreur de calcul de la NERSA qui autorise Eskom à récupérer plusieurs milliards de dollars auprès des consommateurs résidentiels, dans un contexte économique déjà tendu. Pourquoi la hausse des tarifs d’électricité …

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En Afrique du Sud, une décision du régulateur de l’énergie va entraîner une hausse significative des factures d’électricité pour les ménages. En cause, une erreur de calcul de la NERSA qui autorise Eskom à récupérer plusieurs milliards de dollars auprès des consommateurs résidentiels, dans un contexte économique déjà tendu.

Pourquoi la hausse des tarifs d’électricité en Afrique du Sud a-t-elle été décidée ?

Cette augmentation découle d’une révision tarifaire liée à une erreur réglementaire et à un compromis financier controversé. Elle vise à compenser un manque à gagner d’Eskom, mais soulève des inquiétudes sur l’équité et la transparence du processus.

Une erreur de la NERSA qui coûte cher aux consommateurs

La NERSA a sous-estimé les coûts d’Eskom lors de la fixation pluriannuelle des tarifs en janvier 2025. Cette erreur a généré un déficit théorique estimé à 6,7 milliards USD pour la compagnie publique. Pour corriger cette situation, un accord a été conclu afin de permettre à Eskom de récupérer 3,4 milliards USD auprès des consommateurs résidentiels, sans consultation publique initiale.

Les nouvelles projections tarifaires prévoient une hausse de 8,76 % en 2026/27 et de 8,83 % en 2027/28, soit une augmentation cumulée de près de 18,36 % sur deux ans. Cette décision alourdit directement le budget des ménages sud-africains, déjà confrontés à l’inflation et au coût élevé de la vie.

Un compromis critiqué par la justice et la société civile

L’accord conclu entre Eskom et la NERSA a été contesté devant les tribunaux par l’ONG AfriForum. Dans son jugement rendu le 21 décembre 2025, la justice a estimé que la NERSA cherchait à éviter un examen public de son erreur, qualifiant le compromis de flou et insuffisamment justifié.

Le tribunal a souligné que le manque de transparence sur le calcul du montant de 3,4 milliards USD donnait l’impression d’une simple estimation approximative. Cette décision judiciaire a forcé la NERSA à reprendre le processus de manière publique, renforçant les exigences de transparence dans la régulation énergétique.

Quel impact pour les ménages et l’économie sud-africaine ?

La hausse des tarifs intervient dans un contexte économique fragile, avec des conséquences directes sur les foyers et des répercussions sur la compétitivité du pays.

Une pression croissante sur le pouvoir d’achat des ménages

Depuis 2008, les prix de l’électricité en Afrique du Sud ont été multipliés par huit, aggravant la pression financière sur les familles. Selon l’économiste Dawie Roodt, le régulateur ne dispose pas de mécanismes de marché efficaces pour fixer un prix juste, ce qui permet à Eskom de répercuter ses surcoûts sur les consommateurs.

Les coûts d’exploitation d’Eskom ont augmenté au fil des années en raison de l’inflation, d’une gestion inefficace et d’une masse salariale élevée. Cette situation limite la capacité des ménages à absorber de nouvelles hausses, surtout dans un pays où les inégalités économiques restent marquées.

Des allègements accordés aux industries lourdes malgré la hausse

Parallèlement à l’augmentation des tarifs pour les ménages, la NERSA a accordé des réductions tarifaires temporaires aux industries lourdes les plus énergivores. Des producteurs de ferrochrome comme Samancor Chrome et Glencore-Merafe bénéficient d’une baisse de 35,6 % du coût du kilowattheure, afin d’éviter la fermeture de fonderies et la perte de milliers d’emplois.

Une réduction de 6 % du prix du gaz a également été accordée pour soutenir des secteurs stratégiques comme la chimie, la pétrochimie et la production de carburants. Le complexe industriel de Secunda, qui consomme environ 120 millions de gigajoules de gaz par an, dépend fortement de ces mesures pour maintenir ses activités.

Comment la NERSA restructure le processus de régulation ?

Après la décision judiciaire, la NERSA a relancé le processus en misant sur une consultation publique et un recalcul des bases financières d’Eskom. Cette nouvelle approche vise à restaurer la confiance et à encadrer le recouvrement des fonds.

Un nouveau calendrier de recouvrement en trois phases

Le 30 décembre 2025, la NERSA a publié un document de consultation publique et recalculé la base réglementaire des actifs d’Eskom. Le 8 février 2026, elle a confirmé le recouvrement de 3,4 milliards USD, réparti en trois étapes : 748 millions USD en 2026/27, 1,44 milliard USD en 2027/28 et 1,19 milliard USD en 2028/29.

Ce plan vise à étaler l’impact financier tout en assurant à Eskom une stabilité budgétaire. Toutefois, il continue d’alimenter les débats sur la répartition des charges entre ménages et grandes entreprises.

Un débat national sur l’équité des tarifs énergétiques

La hausse des tarifs d’électricité en Afrique du Sud relance un débat national sur la justice tarifaire. De nombreux observateurs estiment que les consommateurs résidentiels supportent une part disproportionnée des coûts, tandis que certaines industries bénéficient de mesures préférentielles.

Cette situation met en lumière la nécessité d’une réforme structurelle du secteur énergétique, incluant une meilleure gouvernance d’Eskom, des mécanismes de tarification plus transparents et un équilibre entre protection des ménages et soutien à l’industrie. Le sujet reste au cœur des préoccupations économiques et sociales du pays, alors que les factures d’électricité continuent de peser sur le quotidien des Sud-Africains.

La Rédaction

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