Le Cap-Vert occupe une place singulière sur le continent africain en matière de droits des personnes LGBTQ. Alors que plusieurs pays maintiennent des lois répressives visant les relations entre personnes du même sexe, l’archipel a progressivement mis en place un cadre juridique plus protecteur. Les témoignages recueillis à Mindelo illustrent cette évolution, tout en rappelant …
Le Cap-Vert s’impose comme une référence africaine pour les droits LGBTQ

Le Cap-Vert occupe une place singulière sur le continent africain en matière de droits des personnes LGBTQ. Alors que plusieurs pays maintiennent des lois répressives visant les relations entre personnes du même sexe, l’archipel a progressivement mis en place un cadre juridique plus protecteur. Les témoignages recueillis à Mindelo illustrent cette évolution, tout en rappelant que les discriminations n’ont pas totalement disparu.
Un cadre légal qui favorise une plus grande ouverture
Au Cap-Vert, les relations entre personnes du même sexe sont légales depuis 2004. Quatre ans plus tard, le pays a interdit les discriminations liées à l’orientation sexuelle sur le lieu de travail.
Selon Equaldex, le Cap-Vert est aujourd’hui considéré comme le pays africain le plus favorable à la communauté LGBTQ, devant l’Afrique du Sud.
À Mindelo, sur l’île de São Vicente, Leonardo, maquilleur de 29 ans connu sous le prénom de Leo, explique vivre ouvertement son homosexualité. Il exerce son métier auprès d’artistes et de musiciens sans craindre d’être agressé ou poursuivi en raison de son orientation sexuelle.
S’il reconnaît que certaines personnes restent hostiles, il estime que la situation dans son pays diffère largement de celle observée dans plusieurs autres États africains. Il exprime également sa solidarité envers les personnes LGBTQ confrontées à des peines de prison ou à d’autres formes de répression ailleurs sur le continent.
Walter Pires, professeur d’éducation physique, danseur et acteur ouvertement gay, partage un constat similaire. Il affirme n’avoir jamais ressenti le besoin de cacher son orientation sexuelle et explique être respecté par ses élèves. Selon lui, l’évolution des mentalités est le résultat d’un travail de sensibilisation mené depuis plusieurs années.
Le ministre sortant de la Famille et de l’Inclusion sociale, Fernando Elisio Freire, rappelle que la Constitution protège les personnes quelle que soit leur orientation sexuelle. Il affirme que cette liberté constitue un principe « non négociable » dans le pays.
Des progrès accompagnés de défis persistants
Malgré ces avancées, plusieurs témoignages montrent que certaines formes de discrimination demeurent.
Sindji Cawinny, femme transgenre de 29 ans, raconte avoir quitté son emploi après que son employeur lui a demandé de renoncer à son apparence féminine sur son lieu de travail. Depuis, elle exerce une activité indépendante dans l’organisation d’événements et l’accompagnement de concours de beauté.
Janette da Graca, artiste et enseignante lesbienne, poursuit un travail de sensibilisation auprès du public. Elle considère que les progrès réalisés restent fragiles et s’inquiète de voir certains droits remis en question dans d’autres pays africains.
Elle évoque également les préjugés auxquels elle continue d’être confrontée, tout en soulignant que ses élèves accueillent positivement sa différence. Pour elle, l’éducation demeure un levier essentiel pour faire évoluer les mentalités et réduire les discriminations.
L’expérience du Cap-Vert contraste avec celle de nombreux États africains où les relations entre personnes du même sexe restent criminalisées. L’archipel montre qu’un cadre juridique protecteur peut favoriser une plus grande acceptation sociale, même si les défis liés aux préjugés et aux discriminations continuent d’exister au quotidien.
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