Nigeria : les rescapés de la cellule de Minna témoignent après la mort de 37 co-détenus

Une tragédie carcérale secoue le centre-nord du Nigeria. Plus de 37 personnes arrêtées dans le cadre de la répression contre l'exploitation minière illégale ont perdu la vie dans une cellule de Minna. Face au scandale, les autorités ont ordonné des suspensions massives d'agents et ouvert plusieurs enquêtes. Des conditions de détention jugées étouffantes par les …

Minna

Une tragédie carcérale secoue le centre-nord du Nigeria. Plus de 37 personnes arrêtées dans le cadre de la répression contre l’exploitation minière illégale ont perdu la vie dans une cellule de Minna. Face au scandale, les autorités ont ordonné des suspensions massives d’agents et ouvert plusieurs enquêtes.

Des conditions de détention jugées étouffantes par les survivants

Dauda Shehu, un mineur de 29 ans, compte parmi les rescapés. Il attribue sa survie à la chance et décrit des conditions de détention inhumaines au sein des locaux du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC). Selon son récit, la surpopulation et la chaleur suffocante ont rapidement provoqué des malaises en série parmi les détenus.

Lorsqu’un prisonnier a perdu connaissance, les codétenus ont tenté de le réanimer avant d’alerter les gardiens, en vain. Dauda Shehu déplore l’absence totale d’assistance de la part des agents, estimant qu’ils ont été laissés à l’abandon.

Enquêtes fédérales et mesures disciplinaires

Les circonstances exactes de ces décès restent à éclaircir. Le gouverneur de l’État de Niger, Mohammed Umaru Bago, a ordonné des examens médico-légaux et des autopsies, tout en mettant en place une commission d’enquête locale.

À l’échelle fédérale, la réponse institutionnelle s’est accélérée. Le gouvernement a créé une commission spéciale de dix membres, associant des experts juridiques, sécuritaires, médicaux et miniers. Vingt agents supplémentaires du NSCDC ont été suspendus, s’ajoutant à la mise à pied du responsable de l’agence dans l’État intervenue la veille.

Ce drame laisse de nombreuses familles dans le deuil. Lawan Mohammed, père d’un des détenus décédés, exprime sa douleur face à l’anéantissement de l’avenir de son fils. Cette affaire met en lumière la brutalité de la répression menée contre l’orpaillage clandestin. Un fléau économique et sécuritaire récurrent dans les régions septentrionales du pays.

K. V

K. V

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