Les agents de santé de la République démocratique du Congo (RDC) tirent la sonnette d'alarme face à la recrudescence de l'épidémie d'Ebola. En première ligne dans l'est du pays, le personnel médical de la province de l'Ituri manque cruellement de moyens matériels pour freiner la contagion. Cette crise sanitaire majeure vient s'ajouter à un contexte …
RDC : les soignants démunis face à une nouvelle épidémie d’Ebola en Ituri

Les agents de santé de la République démocratique du Congo (RDC) tirent la sonnette d’alarme face à la recrudescence de l’épidémie d’Ebola. En première ligne dans l’est du pays, le personnel médical de la province de l’Ituri manque cruellement de moyens matériels pour freiner la contagion. Cette crise sanitaire majeure vient s’ajouter à un contexte sécuritaire déjà très instable.
Un bilan alarmant et une souche virale redoutable
L’épidémie actuelle a été officiellement déclarée le 15 mai 2026. Depuis cette date, les autorités comptabilisent déjà plus de 220 décès suspects et 900 cas suspects. Face à l’urgence, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la situation comme une urgence internationale. Les experts redoutent que le virus ait circulé de longs mois en secret avant d’être repéré. La situation s’avère d’autant plus critique que l’épidémie est causée par la souche Bundibugyo. Cette variante rare ne possède aucun vaccin ni traitement homologué, et affiche un taux de mortalité de 50 %.
Des hôpitaux débordés et un transport par moto par défaut
À l’hôpital de Rwampara, situé près de la capitale régionale Bunia, les scènes de détresse se multiplient. En l’absence totale d’ambulances, les familles transportent les malades à l’arrière de motos de fortune. Les malades arrivent souvent à un stade avancé de la fièvre hémorragique, présentant de fortes températures et des saignements de nez. Les proches confondent régulièrement les premiers symptômes avec le paludisme et tentent des traitements traditionnels inefficaces. Sur place, les soignants désinfectent les véhicules au chlore pour limiter la transmission par les fluides corporels.
Une logistique paralysée et des centres d’isolement cibles d’émeutes
L’acheminement de l’aide médicale internationale vers l’Ituri s’avère extrêmement complexe. Le gouvernement congolais a récemment suspendu les vols vers l’aéroport de Bunia, compliquant l’arrivée des secours. Pour faire face à l’afflux, l’hôpital de Rwampara a dû réorganiser ses services et déplacer les patients souffrant d’autres pathologies. De plus, la riposte sanitaire se heurte à la méfiance des populations locales. Une foule en colère a ainsi incendié deux tentes d’isolement de l’ONG Alima pour récupérer le corps d’un défunt.
La fuite de patients hautement contagieux dans la nature
Cet acte de violence a provoqué la fuite de plusieurs malades infectés vers leurs communautés d’origine. Le docteur Isaac Mukengi, directeur médical de l’établissement, exprime son inquiétude face à ce risque majeur de propagation communautaire. Des équipes médicales sont déployées quotidiennement dans les villages pour retrouver ces personnes et les convaincre de réintégrer les centres de soins. Pour cette 17e épidémie d’Ebola de l’histoire de la RDC, l’issue de la crise dépend uniquement de la rapidité des dépistages et de l’isolement des cas.
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