Somalie : Une nouvelle Constitution pour instaurer le suffrage universel

Le Parlement somalien a franchi une étape historique ce mercredi 4 mars 2026. Les députés ont adopté une nouvelle Constitution qui transforme radicalement le système politique du pays. Pour la première fois de son histoire moderne, la Somalie prévoit d'élire ses législateurs au suffrage universel direct. Le Premier ministre Hamza Abdi Barre qualifie ce texte …

Somalie élections

Le Parlement somalien a franchi une étape historique ce mercredi 4 mars 2026. Les députés ont adopté une nouvelle Constitution qui transforme radicalement le système politique du pays. Pour la première fois de son histoire moderne, la Somalie prévoit d’élire ses législateurs au suffrage universel direct. Le Premier ministre Hamza Abdi Barre qualifie ce texte de victoire historique pour la démocratie somalienne.

La fin du système de sélection par les clans

Le précédent système électoral reposait sur une structure complexe et indirecte. Les anciens des différents clans nommaient des délégués. Ces derniers choisissaient ensuite les membres du Parlement. À leur tour, les deux chambres élisaient le président de la République. Le peuple somalien restait totalement écarté de ce processus décisionnel. La nouvelle Constitution brise ce modèle pour donner le pouvoir de vote directement aux citoyens.

Le président Hassan Sheikh Mohamud a soutenu ce changement avec force depuis son arrivée au pouvoir. Il souhaite que chaque Somalien puisse choisir ses représentants sans l’intermédiation des chefs de clans. Cependant, les amendements adoptés mercredi prolongent le mandat présidentiel d’une année supplémentaire. Cette décision suggère que les élections initialement prévues pour juin prochain n’auront probablement pas lieu avant 2027.

Un pays fracturé face à d’immenses défis

L’adoption de ce texte ne fait pas l’unanimité dans un pays déjà profondément divisé. Plusieurs États fédéraux s’opposent fermement à cette centralisation du pouvoir. Les dirigeants du Jubaland et du Puntland boycottent ouvertement le processus. Ils accusent le président Mohamud de vouloir réduire l’autonomie des régions. Cette opposition politique fragilise la mise en œuvre de la nouvelle Constitution sur l’ensemble du territoire.

La situation sécuritaire constitue un autre obstacle majeur à l’organisation d’un vote national. Le groupe terroriste Al-Shabaab contrôle encore de vastes zones rurales autour de la capitale Mogadiscio. Ce groupe affilié à Al-Qaïda combat le gouvernement fédéral depuis deux décennies. La tenue d’élections directes nécessite une sécurisation totale des bureaux de vote, ce qui semble difficile dans le contexte actuel de guérilla urbaine et rurale.

L’ombre du Somaliland et les tensions régionales

La question territoriale reste au cœur des préoccupations nationales. Le Somaliland gère ses affaires de manière indépendante depuis 1991. Cette région n’est pas concernée par la nouvelle Constitution de Mogadiscio. La situation diplomatique s’est d’ailleurs compliquée récemment avec la reconnaissance du Somaliland comme pays indépendant par Israël en décembre dernier. Cet événement isole davantage le gouvernement fédéral somalien dans sa quête d’unité nationale.

Malgré ces vents contraires, le gouvernement maintient son cap réformateur. Les autorités espèrent que le suffrage universel apportera une légitimité nouvelle aux institutions. L’enjeu des prochains mois sera de convaincre les opposants internes et de sécuriser le territoire pour transformer cette promesse constitutionnelle en réalité électorale. La communauté internationale observe avec prudence cette transition qui pourrait redéfinir l’équilibre politique dans la Corne de l’Afrique.

K. V

K. V

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