Égypte : le spectre de la vie chère revient avec le carburant

Le gouvernement égyptien a frappé fort ce mardi 10 mars 2026 en augmentant les prix des carburants d'au moins 30 %. Cette décision brutale concerne l'essence, le diesel ainsi que le gaz naturel. Elle intervient dans un contexte international explosif, marqué par le blocus du détroit d’Ormuz. Les autorités justifient cette mesure par la flambée …

Égypte

Le gouvernement égyptien a frappé fort ce mardi 10 mars 2026 en augmentant les prix des carburants d’au moins 30 %. Cette décision brutale concerne l’essence, le diesel ainsi que le gaz naturel. Elle intervient dans un contexte international explosif, marqué par le blocus du détroit d’Ormuz. Les autorités justifient cette mesure par la flambée mondiale des cours de l’or noir, mais la population craint un retour de l’hyperinflation.

Un secteur des transports asphyxié par les coûts

L’impact de cette hausse se fait ressentir immédiatement dans la chaîne logistique du pays. Les transporteurs routiers subissent de plein fouet l’augmentation des tarifs à la pompe. El-Sayed Mohamed, chauffeur routier, témoigne d’une explosion de ses charges opérationnelles. Le coût du transport des légumes est passé de 2 500 livres égyptiennes à près de 4 000 livres en seulement quelques heures. Cette pression sur les transporteurs se répercute inévitablement sur le panier de la ménagère.

Cette mesure marque la cinquième réduction des subventions étatiques sur les carburants en deux ans. Le gouvernement cherche à alléger le poids de la dette publique, mais fragilise ainsi les petits commerçants. Ces derniers redoutent désormais une baisse drastique de leur activité économique.

L’ombre de l’inflation plane sur les foyers égyptiens

Le pays commençait à peine à respirer après la crise dévastatrice de 2024. L’inflation s’était stabilisée à 13,4 % le mois dernier, loin du record de 40 % enregistré en août 2024. Cependant, ce nouveau choc pétrolier brise cet élan de stabilité. Sur les marchés, les prix des produits de base s’envolent déjà. Nada Hamed, une citoyenne du Caire, déplore le doublement du prix des concombres et des tomates en une seule journée.

Face à la grogne qui monte, le régime durcit le ton pour éviter les spéculations illicites. Le gouvernement menace de traduire devant des tribunaux militaires quiconque tenterait de profiter de la situation pour gonfler artificiellement les prix. En parallèle, les autorités promettent de redéfinir les priorités des dépenses publiques. L’objectif est de protéger les segments les plus vulnérables de la population égyptienne tout en maintenant l’équilibre budgétaire de l’État.

K. V

K. V

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