Alors qu’une nouvelle flambée du virus Ebola de souche Bundibugyo frappe la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, un couple de guérisseurs traditionnels affirme avoir développé un traitement capable de soigner les personnes infectées. Cette annonce suscite l’intérêt de nombreux habitants, tandis que les autorités sanitaires maintiennent leur appel à …
Des guérisseurs congolais affirment avoir trouvé un remède contre Ebola

Alors qu’une nouvelle flambée du virus Ebola de souche Bundibugyo frappe la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, un couple de guérisseurs traditionnels affirme avoir développé un traitement capable de soigner les personnes infectées. Cette annonce suscite l’intérêt de nombreux habitants, tandis que les autorités sanitaires maintiennent leur appel à la prudence face à une maladie particulièrement dangereuse.
À Bunia, un couple de tradipraticiens revendique une découverte
Dans la ville de Bunia, épicentre de la flambée actuelle, Dauda Tshimanga et son épouse Mariam Kabika assurent avoir mis au point un remède contre Ebola après plusieurs années de recherches personnelles.
Selon Mariam Kabika, la préparation repose sur une décoction élaborée à partir de feuilles, d’aloe vera et d’autres ingrédients végétaux. Les plantes sont soigneusement nettoyées avant d’être bouillies puis administrées aux patients.
Le couple estime que la médecine traditionnelle pourrait jouer un rôle plus important dans la lutte contre les épidémies. Dauda Tshimanga défend une approche complémentaire entre les savoirs ancestraux et la médecine moderne.
« La médecine traditionnelle et la médecine moderne sont toutes deux essentielles à la santé publique »,
affirme-t-il.
Dans cette région où l’accès aux structures de santé demeure parfois limité, les tradipraticiens conservent une place importante auprès des populations. Cette confiance s’illustre notamment à travers le témoignage de Baraka Fizi. Ce patient explique avoir interrompu un traitement hospitalier après un mois sans amélioration notable et affirme avoir constaté une évolution favorable de son état après avoir eu recours à la médecine traditionnelle.
Les autorités sanitaires rappellent l’absence de validation scientifique
Malgré ces témoignages, les autorités sanitaires congolaises soulignent qu’aucune étude scientifique n’a démontré à ce jour l’efficacité du remède présenté par les guérisseurs de Bunia.
Face à Ebola, les responsables de la santé publique continuent de recommander les traitements validés médicalement ainsi que le respect strict des protocoles de prise en charge. Cette position s’explique par la gravité de la maladie, connue pour sa forte contagiosité et son taux de mortalité élevé en l’absence d’une prise en charge adaptée.
La question du rôle des guérisseurs traditionnels n’est pas nouvelle en RDC. Lors de précédentes épidémies, l’Organisation mondiale de la santé a collaboré avec eux afin de renforcer les campagnes de sensibilisation et de faciliter l’adhésion des communautés aux mesures de prévention.
Cette coopération reposait avant tout sur leur influence au sein des populations locales et leur capacité à relayer les messages de santé publique auprès des habitants.
La situation actuelle met une nouvelle fois en lumière le défi auquel sont confrontées les autorités sanitaires. Dans un contexte marqué par la résurgence d’Ebola en Ituri, cette question pourrait continuer d’alimenter les débats autour de la place des savoirs traditionnels dans la gestion des crises sanitaires.
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