L'épidémie d'Ebola continue de mobiliser les acteurs humanitaires dans l'est de la République démocratique du Congo. Alors que les autorités sanitaires font état de centaines de cas confirmés, le Programme alimentaire mondial (PAM) a acheminé une aide alimentaire à Bunia afin de soutenir les populations affectées et les structures de santé engagées dans la lutte …
Ebola en RDC : Le PAM renforce la riposte à Bunia

L’épidémie d’Ebola continue de mobiliser les acteurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les autorités sanitaires font état de centaines de cas confirmés, le Programme alimentaire mondial (PAM) a acheminé une aide alimentaire à Bunia afin de soutenir les populations affectées et les structures de santé engagées dans la lutte contre le virus.
Le PAM déploie une aide alimentaire au cœur de l’épidémie
À Bunia, capitale de la province de l’Ituri et épicentre de la 17e épidémie d’Ebola en RDC, des cargaisons de vivres ont été réceptionnées pour appuyer les efforts de réponse sur le terrain. Cette aide vise les communautés touchées par la maladie ainsi que les patients pris en charge dans les structures de santé.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la RDC comptait 321 cas confirmés d’Ebola, dont 48 décès, au 31 mai 2026. L’épidémie dépasse déjà les frontières congolaises puisque neuf cas ont été confirmés en Ouganda, avec un décès recensé.
Pour le PAM, l’assistance alimentaire joue un rôle direct dans la prise en charge des malades. Olivier Nkakudulu, responsable du bureau local de l’organisation à Bunia, explique :
« L’assistance alimentaire dans les structures de santé est primordiale. Nous avons des patients qui sont en isolation et sans assistance. »
Il souligne que l’accès à une alimentation adaptée permet aux patients de rester dans les centres de soins tout en favorisant leur rétablissement.
Au-delà de l’aide médicale, cette approche vise à limiter les risques de rupture du suivi sanitaire et à renforcer l’efficacité des mesures de contrôle de l’épidémie.
Une crise multidimensionnelle
L’intervention du PAM s’inscrit dans un contexte particulièrement fragile. Depuis plusieurs années, les violences armées et les déplacements massifs de population ont profondément affecté les moyens de subsistance dans le nord-est de la RDC. Cette situation a contribué à une hausse de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire.
L’apparition de la souche Bundibugyo, décrite comme rare et très contagieuse, fait craindre une aggravation de cette crise déjà complexe. Pour Sib Ollo, coordinateur régional du PAM pour l’est de la RDC, le risque est réel :
« Si nous n’agissons pas, la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable. »
Face à cette menace, les équipes déployées à Bunia insistent sur la nécessité d’une mobilisation rapide. Olivier Nkakudulu rappelle que les ressources existent pour répondre à l’urgence, mais que leur efficacité dépend de la coordination des différents acteurs impliqués dans la lutte contre l’épidémie.
« Nous avons besoin d’une réponse très forte et coordonnée »
affirme-t-il, avant d’ajouter :
« Et nous en avons besoin rapidement. »
La situation en Ituri illustre ainsi la manière dont une crise sanitaire peut rapidement se transformer en crise humanitaire plus large lorsque les difficultés alimentaires, les déplacements de population et les défis sécuritaires se combinent.
L’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines dépendra autant de la capacité à soigner les malades que de celle à préserver les conditions de vie des populations les plus vulnérables. À Bunia, l’aide alimentaire apparaît désormais comme un maillon essentiel de cette stratégie globale visant à contenir le virus et à éviter une détérioration plus profonde de la situation humanitaire.
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