Face à l'expansion fulgurante de la menace djihadiste, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) franchit une étape décisive ce mercredi 4 mars 2026. Les chefs militaires de l'organisation ont arrêté les détails de la création d'une force d'intervention de 2 000 soldats. Ce déploiement vise à briser l'élan des groupes armés …
La CEDEAO lance sa force anti-terroriste de 2 000 hommes

Face à l’expansion fulgurante de la menace djihadiste, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) franchit une étape décisive ce mercredi 4 mars 2026. Les chefs militaires de l’organisation ont arrêté les détails de la création d’une force d’intervention de 2 000 soldats. Ce déploiement vise à briser l’élan des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui déstabilisent la région depuis plus d’une décennie.
Un tournant stratégique après des années d’hésitation
Le projet d’une force anti-djihadiste commune ne date pas d’hier. Les 12 pays membres de la CEDEAO discutent de cette option depuis plusieurs années sans parvenir à un consensus opérationnel. La réunion des chefs d’état-major à Freetown, qui s’est tenue du 28 février au 1er mars, a enfin permis de lever les blocages. Un haut responsable militaire nigérian confirme que plusieurs pays ont déjà annoncé leurs contributions en effectifs.
L’objectif immédiat consiste à mobiliser 2 000 soldats aguerris. Cette force aura pour mission de combattre non seulement le terrorisme, mais aussi la criminalité transnationale organisée et l’insécurité maritime. Les chefs militaires dressent un constat alarmant de la situation actuelle. Ils observent une montée en puissance des groupes extrémistes qui menacent désormais de descendre vers les pays côtiers du Golfe de Guinée.
Une organisation logistique innovante mais complexe
Contrairement aux forces de maintien de la paix traditionnelles, les troupes de cette nouvelle unité ne seront pas regroupées en un seul point. Chaque soldat restera stationné dans son pays d’origine. Ils se mobiliseront uniquement en cas d’opération spécifique ou de menace imminente. Pour coordonner ces mouvements, la Sierra Leone servira de base logistique centrale au groupe.
Ce modèle de « troupes en attente » permet de réduire les coûts de casernement permanent. Cependant, la question du financement reste le principal défi à relever. Les responsables de la CEDEAO négocient actuellement les modalités budgétaires pour assurer la pérennité de l’opération. Bien que la décision soit actée, l’organisation n’a pas encore publié de communiqué officiel détaillant le calendrier des premières interventions.
Le défi de l’absence du bloc sahélien
L’un des obstacles majeurs à l’efficacité de cette force réside dans la géopolitique régionale. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ne participeront pas à cette initiative. Ces trois pays, qui constituent l’épicentre de l’insurrection djihadiste au Sahel, ont quitté la CEDEAO suite à des coups d’État militaires. Ils ont formé leur propre alliance sécuritaire, l’Alliance des États du Sahel (AES).
Pourtant, la réalité du terrain impose une collaboration. Un chef d’état-major ouest-africain souligne que ces trois pays occupent une position géographique stratégique dans la lutte contre le terrorisme. L’efficacité de la nouvelle force de la CEDEAO dépendra donc de sa capacité à établir des ponts avec le bloc sahélien. Sans une coordination transfrontalière, les groupes djihadistes continueront de profiter des zones grises entre les différentes juridictions militaires pour se replier.
Vers une nouvelle architecture de paix régionale
Le lancement de cette force marque une volonté de « reprendre en main » la sécurité africaine par les Africains eux-mêmes. Après le départ des troupes françaises (opération Barkhane) et le retrait de la MINUSMA au Mali, un vide sécuritaire s’est installé. La CEDEAO tente de combler ce gouffre en proposant une solution endogène.
L’enjeu dépasse la simple confrontation armée. La réussite de ces 2 000 hommes dépendra également du renseignement partagé et de la lutte contre les réseaux de financement illicites qui irriguent le Sahel. Si la force parvient à se déployer rapidement et à collaborer avec ses voisins du nord, elle pourrait enfin offrir un répit aux populations civiles meurtries par des années de conflit.
Restez informé(e) de nos actualités et offres
Abonnez-vous à notre newsletter
Thank you for subscribing to the newsletter.
Oups. Un problème est survenu. Veuillez réessayer.




