Le site minier de Rubaya, véritable poumon économique mondial situé dans l'est de la République démocratique du Congo, vient de connaître un nouveau drame humain ce mardi 3 mars 2026. L'effondrement d'un puits dans la carrière de Gasasa a coûté la vie à au moins six personnes. Cet accident survient dans un contexte de guerre …
L’effondrement d’une mine à Goma tue 6 creuseurs.

Le site minier de Rubaya, véritable poumon économique mondial situé dans l’est de la République démocratique du Congo, vient de connaître un nouveau drame humain ce mardi 3 mars 2026. L’effondrement d’un puits dans la carrière de Gasasa a coûté la vie à au moins six personnes. Cet accident survient dans un contexte de guerre ouverte, où les ressources minérales alimentent les caisses d’une rébellion soutenue par les puissances voisines.
Un bilan humain lourd dans des conditions précaires
L’accident s’est produit soudainement, piégeant des dizaines de travailleurs sous des tonnes de terre. Les témoins présents sur place décrivent des scènes de désolation. Les secouristes de fortune ont extrait les corps de trois femmes et trois hommes. Outre ces décès confirmés, de nombreux mineurs souffrent de blessures graves. Les proches des travailleurs se sont immédiatement précipités vers le site, espérant désespérément obtenir des nouvelles de leurs familles.
La mine de Rubaya héberge des milliers de « creuseurs » artisanaux. Ces hommes et ces femmes travaillent dans des conditions d’une précarité extrême. Ils s’enfoncent dans des fosses instables, munis de simples pelles et chaussés de bottes en caoutchouc, sans aucun équipement de sécurité moderne. Ce manque de structure transforme chaque journée de travail en un pari mortel, surtout dans une région où les sols sont fragilisés par l’exploitation intensive et les intempéries.
Le coltan : un enjeu stratégique mondial sous contrôle rebelle
La mine de Rubaya n’est pas une exploitation ordinaire. Elle représente à elle seule entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan, un minerai indispensable à la fabrication des condensateurs pour nos smartphones et ordinateurs. Depuis avril 2024, le mouvement rebelle du M23, soutenu par le Rwanda, exerce un contrôle total sur cet immense site.
Cette occupation n’est pas seulement territoriale, elle est avant tout financière. Le M23 a mis en place un système de taxation systématique. Le groupe prélève environ 7 dollars par kilogramme de coltan produit et vendu. Cette taxe rapporte aux rebelles près de 800 000 dollars chaque mois, finançant ainsi directement l’effort de guerre et l’achat d’armements sophistiqués. Cette économie de guerre pérennise le conflit et prive l’État congolais de revenus vitaux pour son développement.
Une série noire de catastrophes minières
L’effondrement de la carrière de Gasasa s’inscrit dans une série noire particulièrement inquiétante. Il s’agit du deuxième accident mortel à Rubaya en seulement quelques semaines. À la fin du mois dernier, un glissement de terrain massif a déjà frappé la région. Les autorités craignent un bilan effroyable de plus de 200 victimes disparues sous les décombres de ce précédent sinistre. Ces catastrophes répétées illustrent l’absence totale de régulation et de protection des vies humaines dans les zones occupées par les groupes armés.
Un climat de guerre intensifié
La zone de Rubaya est devenue l’épicentre d’affrontements violents ces derniers jours. La pression militaire s’accentue sur le M23. Le 24 février dernier, une frappe de drone ciblée a coûté la vie à Willy Ngoma, le porte-parole militaire de la rébellion. Cette intensification des combats, mêlée à l’exploitation effrénée des mines, crée un environnement de chaos où la sécurité des civils n’est plus garantie.
Le conflit, qui dure depuis trois décennies, entre dans une phase de militarisation technologique inédite. Les drones et l’artillerie lourde remplacent les escarmouches d’autrefois, tandis que les mineurs artisanaux continuent de mourir pour quelques grammes de minerai. Ce drame à Rubaya rappelle au monde entier que derrière chaque appareil électronique se cache souvent une réalité faite de sang, de sueur et d’injustice dans les montagnes du Nord-Kivu.
Restez informé(e) de nos actualités et offres
Abonnez-vous à notre newsletter
Thank you for subscribing to the newsletter.
Oups. Un problème est survenu. Veuillez réessayer.




