Sénégal : Sonko menace de renverser le gouvernement et durcit le bras de fer avec Diomaye Faye

Les tensions s'accentuent au sommet de l'État sénégalais. Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a vivement critiqué le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye dimanche à Touba, allant jusqu'à menacer de faire tomber le gouvernement « autant de fois qu'il sera nécessaire » grâce à la majorité parlementaire du parti Pastef. Sonko accuse l'exécutif …

Sénégal : Sonko menace de renverser le gouvernement et durcit le bras de fer avec Diomaye Faye

Les tensions s’accentuent au sommet de l’État sénégalais. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a vivement critiqué le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye dimanche à Touba, allant jusqu’à menacer de faire tomber le gouvernement « autant de fois qu’il sera nécessaire » grâce à la majorité parlementaire du parti Pastef.

Sonko accuse l’exécutif de s’éloigner du projet souverainiste

Intervenant lors de l’inauguration du siège de Pastef dans la ville sainte de Touba, l’ancien Premier ministre a rompu avec la retenue qu’il affichait depuis plusieurs mois envers l’exécutif.

Selon lui, le gouvernement renonce progressivement aux engagements qui avaient porté le parti au pouvoir, notamment en matière de souveraineté économique. Ousmane Sonko reproche à l’exécutif de ne plus poursuivre la renégociation de plusieurs contrats stratégiques conclus avec des multinationales dans le secteur des ressources naturelles, dont ceux liés au phosphate.

Le président de l’Assemblée nationale a également dénoncé la gestion de la situation économique, évoquant une dette publique qu’il juge préoccupante, l’absence d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI) et les difficultés auxquelles le pays reste confronté à l’approche de l’hivernage.

« Il faut que les Sénégalais sachent qu’ils ne sont nullement la préoccupation de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il déclaré devant ses partisans.

La majorité parlementaire brandie comme moyen de pression

Fort de la majorité détenue par Pastef à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko estime disposer des moyens institutionnels nécessaires pour contraindre l’exécutif.

« Nous avons l’Assemblée nationale, donc nous avons des leviers pour lui faire face », a-t-il affirmé, annonçant être prêt à soutenir des motions de censure « autant de fois qu’il sera nécessaire » si le gouvernement poursuit, selon lui, cette orientation politique.

L’ancien chef du gouvernement accuse également Bassirou Diomaye Faye de privilégier ses ambitions politiques, notamment à travers la création d’un nouveau parti, au détriment des priorités économiques et sociales du pays.

Les déclarations de Sonko ont rapidement suscité une réaction du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Dans un message publié sur Facebook, il a rejeté les accusations formulées par le président de l’Assemblée nationale, estimant que « chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir ».

Cette nouvelle passe d’armes confirme la dégradation des relations entre les deux anciens alliés. Longtemps présentés comme les artisans d’un même projet politique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent désormais des divergences de plus en plus ouvertes, faisant planer de nouvelles incertitudes sur l’équilibre institutionnel et la stabilité de la majorité au pouvoir.

La Rédaction

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